Ça coule de source – Affaire n°3
Le petit Baigneur
Lieu de l'affaire : Hérault
Enquête : Médiathèque Emile Zola de Montpellier Méditerranée Métropole
Création : étudiants de la licence 3 Cinéma et Audiovisuel de l'Université Paul-Valéry de Montpellier, accompagné de Fred Neidhardt
Plongez avec la petite baigneuse dans ce ce journal du XIX° s. que l’on ressort enfin des archives !
sous la loupe des bibliothécaires
Dans les réserves du Département du patrimoine écrit et graphique de la médiathèque Emile Zola sont conservés de nombreux recueils de presse locale ancienne où l’on peut retrouver des titres tels que Le petit troubadour (journal français-languedocien), La Vie montpelliéraine, Le bavard ou encore Le petit baigneur : Journal hebdomadaire des plages, villes d’eaux et stations thermales du Midi.
Ce dernier a retenu notre attention dans le cadre des dossiers epOcc autour du thème de l’eau. En effet, cette éphémère gazette résolument légère et apolitique s’adresse au public des stations thermales ou balnéaires, ainsi que l’affirme sa devise : « Tout pour les bains et par les bains ».
Elle présente les festivités et mondanités hebdomadaires des stations du Midi (d’un Midi élargi : Sète, La Bourboule, Evian, Vichy, Lamalou-les-Bains entre autres) où tout un microcosme – une « société en raccourci » dit l’édito du premier numéro – prend vie quand maisons secondaires et hôtels de plage sont investis, de mai à septembre, par la bonne société. Casinos, théâtres, spectacles et cirques peuvent alors déployer une programmation estivale pour divertir ces messieurs-dames !
En complément de cet inventaire, on y trouve des chroniques relatant des anecdotes plus ou moins romancées, des encarts publicitaires, des poèmes inspirés ou des historiettes avec morale. Cette matière iconoclaste et amusante se prêtait à une mise en images façon Karambolage, cette émission d’Arte pointant les particularités des cultures françaises et allemandes sous forme de petites vidéos animées. Malgré le peu de temps disponible, les étudiants en Licence Cinéma de l’Université Paul Valéry ont abouti à un résultat espiègle et coloré qui permet de redécouvrir ce charmant journal saisonnier diffusé il y 150 ans. Merci à eux et à Fred Neidhardt pour la modernité qu’ils ont insufflé à cette feuille de chou de 4 pages de 1886 !
Jérôme Durand, Christine Sinquin et Didier Travier, médiathèque Zola, Montpellier Méditerranée Métropole
Le mot de l’auteur
J’étais ravi et flatté qu’on me propose de participer au projet epOcc. D’abord, parce qu’on sollicitait à la fois mes compétences en dessin ainsi qu’en narration, ce qui constitue l’essence de mon activité d’auteur de bande dessinée. Et aussi parce que je suis un amoureux des vieux papiers, des vieilles feuilles de chou, même les plus confidentielles ; et que l’idée de faire ressurgir d’un lointain passé, d’exhumer du puits sans fond de l’oubli, une petite gazette vieille de près de 150 ans, je trouvais ça amusant et stimulant. De participer à cette collusion insolite entre des articles rédigés par des illustres anonymes, composés en caractères de plomb imprimés sur un papier désormais jauni, et un support contemporain, en l’occurrence du « contenu » multimédia (houlà, le terme est déjà ringard !) brassant de l’image animée, des sons et même (vade retro satanas !) de l’I. A., de participer à ce raccourci temporel, disais-je, ça me plaisait bien. Une collusion temporelle à plusieurs niveaux d’ailleurs, étant donné que le (quasi) vénérable sexagénaire que je suis, né au millénaire d’avant, allait travailler main dans la main avec des Gen-Z.
Le travail s’est déroulé sur le mode du ping-pong : à chaque étape — idée de base, synopsis, storyboard, jusqu’à la réalisation du film — chaque groupe d’étudiants me soumettait ses propositions, auxquelles je répondais par des remarques, allant de la correction la plus minime à la suggestion d’une réécriture complète. Et, au passage, à leur demande, je me suis amusé à faire revivre sur ma tablette graphique la Petite Baigneuse, mascotte du journal, la belle endormie depuis plus d’un siècle.
Une belle expérience, qui m’a aussi permis de rencontrer de jeunes gens appelés, sans nul doute, à devenir les créatifs de demain. Le résultat de nos travaux est protéiforme, à l’image de leurs sensibilités diverses, mais il est traversé par un fil conducteur commun : la Petite Baigneuse, notre Belle au bois réveillée, notre muse précieusement conservée dans les rayonnages de la médiathèque Émile-Zola, patiemment et affectueusement bichonnée par des bibliothécaires passionnés.
Fred Neidhart, auteur-illustrateur
sources
Le petit baigneur : Journal hebdomadaire des plages, villes d’eaux et stations thermales du Midi. > version en ligne
Les Plaisirs de la plage au XIXe siècle > Site web l’Histoire par l’Image
Les stations balnéaires dans l’Hérault au XIXe siècle > Site web Etudes Héraultaises

